Sadiques Taliban

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Chassés du gouvernement à Kaboul en 2001, les Taliban son loin d’avoir perdu de leur pouvoir, comme le montrent les violences qu’ils commettent régulièrement, en Afghanistan, mais aussi au Pakistan et dans les zones frontalières. On a même le sentiment qu’ils ont réussi à étendre leur influence, comme en témoignent les concessions que viennent de leur accorder les gouvernements de ces deux pays.

L’image des Taliban est à jamais associée à celle des femmes, objet de leur obsession première : des femmes engoncées dans de lourds tchadors, sans visage, sans forme, déshumanisées, interdites de sortie, de soins, de travail, de scolarisation, totalement soumises à l’autorité des hommes et de la milice chargée de les surveiller.

Il y a quelques jours, grâce à une anthropologue afghane qui a filmé la scène, le quotidien anglais The Guardian, montrait deux minutes de torture durant lesquelles on pouvait voir un Taliban flageller une jeune femme maintenue au sol par deux comparses pendant qu’une foule d’hommes observait en silence. Agenouillé, le tortionnaire assénait tranquillement ses 34 coups de bâton sur le dos et les fesses de la jeune fille qui hurlait de douleur en lui demandant de la tuer. Son crime : « Elle est sortie de chez elle avec un homme qui n’était pas son mari ».

La scène se déroulait dans la vallée de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan, dans une zone où la shari'a a été adoptée après un accord passé avec le gouvernement le 16 février en échange d'une trêve dans les combats, avec l’assentiment de l’ensemble des partis politiques.

Les esprits naïfs diront que c’est un abus, que la shari’a ne prévoit pas de châtiment en cas dans ce cas, qu’il faut flageller en cas de fornication et lapider en cas d’adultère, mais quelle différence cela fait-il ? Lorsque la logique totalitaire, sadique et misogyne qui se réclame de l’islam se met en branle, elle ne connaît pas de limites. Les exemples ne manquent pas ailleurs : en Arabie saoudite, en Iran, au Soudan, au Nigéria, en Somalie, et je ne parle là que des pays qui appliquent les dispositions pénales inspirées de la loi religieuse, et des cerveaux malades qui commandent, toujours dans la surenchère.

En réalité, les talibans n’ont pas attendu la proclamation officielle de la charia pour s’adonner à leurs exercices habituels, comme le montrent les témoignages des réfugiés : assassinats de notables, et bien sûr, châtiments corporels et autres exécutions publiques de leur cibles favorites, les femmes. Ils n’ont pas non plus attendu pour interdire aux filles l’accès à l’école et contraindre les parents qui s’y opposer à fuir, n’hésitant pas à détruire tous les établissements de la vallée qui les acceptaient.

On croit avoir tout vu avec sur les exactions des Taliban à l’endroit des femmes. Erreur, cette fois, c’est avec la bénédiction du gouvernement agfhan du modéré et consensuel Hamid Karzaï qu’ils ont obtenu la signature d’un projet de loi stipulant la garde des enfants aux seuls pères et grand-pères, interdisant aux femmes de quitter la maison, de travailler, se faire soigner sans autorisation, et pour couronner le tout, les obligeant à satisfaire sexuellement leurs maris. Comme si la polygamie ne suffisait pas. Mais après tout, il ne s’agit là que d’une interprétation répressive du verset 4 de la sourate IV, le fameux verset de la prééminence. Plutôt que de procéder par étapes avant de corriger l’épouse récalcitrante, et pourquoi la corriger, après tout elle n’a pas le droit de se soustraire à son devoir conjugal, elle doit donc s’y soumettre, et comme la shari’a ne suffit pas, le parlement est là pour voter des lois supplémentaires. Les institutions modernes, démocratiques, au service de la prétendue loi religieuse, voilà qui est un comble.

Si le projet n’a pas encore été adopté par le parlement, les députés afghans le soutiennent, malgré les pressions extérieures exercées sur le président Karzaï.

Il semblerait, d’après les défenseurs du projet, que celui-ci ait finalement introduit quelques amendements, visant à atténuer le caractère foncièrement oppressif de la loi, mais on ne connaît pas encore le texte final. On apprend également que la loi était destinée à légaliser le code de la famille qui s’applique à la seule minorité Hazara d'origine mongole, de langue persane, et à majorité chiite, et qui représente entre 15 et 20 % de la population afghane. A croire que les chiites n’en ont jamais assez en matière d’outrance sexuelle, en plus de la polygamie, et du mariage de jouissance, le zawâj al-mut’a que leur jurisprudence reconnaît. Mais cette fois, ce n’est pas shari’a contre cesse-le feu, mais shari’a contre électorat pour le président sortant qui se prépare pour un autre mandat dans quelques mois.

Dans le fond, peu importe que telle ou telle population soit sunnite ou shiite, Pachtoune ou Hazari, parlant une langue persane ou turque, le résultat est le même : dans cette région du monde, comme dans d’autres pays, le Talibanisme n’est pas, comme ne le dit pas le nom, un mouvement d’étudiants en théologie, de tâlibân, mais le croisement entre une idéologie totalitaire, l’adhésion à une conception foncièrement misogyne de l’islam, et beaucoup d’obscurantisme.

Partout où il a conquis du terrain social, le Talibanisme a pu prospérer grâce à la complaisance de pouvoirs prétendument modérés.

La question est : que vont faire les Occidentaux, Obama et les autres, avec cette fois la France qui vient de réintégrer l’Otan, dans cette partie du monde où les premières victimes du terrorisme taliban sont d’abord les femmes musulmanes ? Quant aux pays musulmans, la question ne se pose même pas, leur silence parle pour eux. Ou plutôt, ils sont trop occupés à défendre le dictateur Omar Al-Bachir, celui qui a exterminé son propre peuple.

 

Leïla Babès le 08/04/2009


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