09 avril 2009
Sadiques Taliban
Sadiques Taliban
Chassés du gouvernement à Kaboul en 2001, les Taliban
son loin d’avoir perdu de leur pouvoir, comme le montrent les violences qu’ils
commettent régulièrement, en Afghanistan, mais aussi au Pakistan et dans les
zones frontalières. On a même le sentiment qu’ils ont réussi à étendre leur
influence, comme en témoignent les concessions que viennent de leur accorder
les gouvernements de ces deux pays.
L’image des Taliban est à jamais associée à celle des
femmes, objet de leur obsession première : des femmes engoncées dans de
lourds tchadors, sans visage, sans forme, déshumanisées, interdites de sortie,
de soins, de travail, de scolarisation, totalement soumises à l’autorité des
hommes et de la milice chargée de les surveiller.
Il y a quelques jours, grâce à une anthropologue afghane
qui a filmé la scène, le quotidien anglais The Guardian, montrait deux minutes
de torture durant lesquelles on pouvait voir un Taliban flageller une jeune
femme maintenue au sol par deux comparses pendant qu’une foule d’hommes
observait en silence. Agenouillé, le tortionnaire assénait tranquillement ses
34 coups de bâton sur le dos et les fesses de la jeune fille qui hurlait de
douleur en lui demandant de la tuer. Son crime : « Elle est sortie de chez
elle avec un homme qui n’était pas son mari ».
La scène se déroulait dans la vallée de Swat, dans le
nord-ouest du Pakistan, dans une zone où la shari'a a été adoptée après un accord passé avec le gouvernement le 16 février en échange d'une trêve dans les combats, avec l’assentiment de l’ensemble
des partis politiques.
Les esprits naïfs diront que c’est un abus, que la
shari’a ne prévoit pas de châtiment en cas dans ce cas, qu’il faut flageller en
cas de fornication et lapider en cas d’adultère, mais quelle différence cela
fait-il ? Lorsque la logique totalitaire, sadique et misogyne qui se
réclame de l’islam se met en branle, elle ne connaît pas de limites. Les
exemples ne manquent pas ailleurs : en Arabie saoudite, en Iran, au
Soudan, au Nigéria, en Somalie, et je ne parle là que des pays qui appliquent
les dispositions pénales inspirées de la loi religieuse, et des cerveaux
malades qui commandent, toujours dans la surenchère.
En réalité, les talibans n’ont pas attendu la proclamation
officielle de la charia pour s’adonner à leurs exercices habituels, comme le
montrent les témoignages des réfugiés : assassinats de notables, et bien
sûr, châtiments corporels et autres exécutions publiques de leur cibles
favorites, les femmes. Ils n’ont pas non plus attendu pour interdire aux filles
l’accès à l’école et contraindre les parents qui s’y opposer à fuir, n’hésitant
pas à détruire tous les établissements de la vallée qui les acceptaient.
On croit avoir tout vu avec sur les exactions des
Taliban à l’endroit des femmes. Erreur, cette fois, c’est avec la bénédiction
du gouvernement agfhan du modéré et consensuel Hamid Karzaï qu’ils ont obtenu la signature d’un projet de loi stipulant la garde des
enfants aux seuls pères et grand-pères, interdisant aux femmes de quitter
la maison, de travailler, se faire soigner sans autorisation, et pour couronner
le tout, les obligeant à satisfaire sexuellement leurs maris.
Comme si la polygamie ne suffisait pas. Mais après tout, il ne s’agit là que
d’une interprétation répressive du verset 4 de la sourate IV, le fameux verset
de la prééminence. Plutôt que de procéder par étapes avant de corriger l’épouse
récalcitrante, et pourquoi la corriger, après tout elle n’a pas le droit de se
soustraire à son devoir conjugal, elle doit donc s’y soumettre, et comme la
shari’a ne suffit pas, le parlement est là pour voter des lois supplémentaires.
Les institutions modernes, démocratiques, au service de la prétendue loi
religieuse, voilà qui est un comble.
Si le
projet n’a pas encore été adopté par le parlement, les députés afghans le
soutiennent, malgré les pressions extérieures exercées sur le président Karzaï.
Il
semblerait, d’après les défenseurs du projet, que celui-ci ait finalement
introduit quelques amendements, visant à atténuer le caractère foncièrement
oppressif de la loi, mais on ne connaît pas encore le texte final. On apprend
également que la loi était destinée à légaliser le code de la famille qui
s’applique à la seule minorité Hazara
d'origine mongole, de langue persane, et à majorité chiite, et qui représente
entre 15 et 20 % de la population afghane. A croire que les chiites n’en ont
jamais assez en matière d’outrance sexuelle, en plus de la polygamie, et du
mariage de jouissance, le zawâj al-mut’a
que leur jurisprudence reconnaît. Mais cette fois, ce n’est pas shari’a contre
cesse-le feu, mais shari’a contre électorat pour le président sortant qui
se prépare pour un autre mandat dans quelques mois.
Dans le fond, peu importe que telle ou telle
population soit sunnite ou shiite, Pachtoune ou Hazari, parlant une langue
persane ou turque, le résultat est le même : dans cette région du monde,
comme dans d’autres pays, le Talibanisme n’est pas, comme ne le dit pas le nom,
un mouvement d’étudiants en théologie, de tâlibân,
mais le croisement entre une idéologie totalitaire, l’adhésion à une conception
foncièrement misogyne de l’islam, et beaucoup d’obscurantisme.
Partout où il a conquis du terrain social, le Talibanisme
a pu prospérer grâce à la complaisance de pouvoirs prétendument modérés.
La question est : que vont faire les
Occidentaux, Obama et les autres, avec cette fois la France qui vient de
réintégrer l’Otan, dans cette partie du monde où les premières victimes du
terrorisme taliban sont d’abord les femmes musulmanes ? Quant aux pays
musulmans, la question ne se pose même pas, leur silence parle pour eux. Ou
plutôt, ils sont trop occupés à défendre le dictateur Omar Al-Bachir, celui qui
a exterminé son propre peuple.
Leïla Babès le 08/04/2009
Commentaires
Très mauvais article
Al-Bashir n'a pas "exterminé son propre peuple." Les chiffres sont exagérés, et une grande partie des morts est le résultat de la famine. Ceci est une guerre civile avec des nomades qui n'ont plus les moyens de vivre correctement, le désert qui prend du terrain, etc. Bref, tout n'est pas aussi racial que les racistes le voudraient.
Je suis effaré que vous justifiez l'interventionnisme impérialiste. Effaré que vous blamiez les musulmans pour les actes d'Al-Bashir, un homme qui n'est pas particulièrement plus musulman qu'un autre. Ce genre d'argument, je m'attend à l'entendre de la part d'un nationaliste interdisant le voile.
La justice sera faite par les peuples, et non par les envahisseurs et les occupants. Regardez l'Iraq, regardez l'Afghanistan. Les Afghans veulent le départ des troupes, et approuvent les négociations avec les Talibans. La vie des innocents est plus importante que votre bataille idéologique.
Merci
Merci Madame pour votre blog qui présente de façon claire et apaisée les problèmes et les espoirs d'une partie du monde. Bon courage et bonne continuation.
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